05.03.2006
Réchauffement climatique : le marché comme recours
Sir Nicholas Stern, un ancien économiste en chef de la Banque Mondiale et haut fonctionnaire du Trésor prépare actuellement un rapport sur l'économie du changement climatique à la demande du Ministre des Finances britannique, Gordon Brown. Lors d’une conférence qu'il donnait récemment à l’Oxford Institute for Economic Policy, il a souligné certaines des difficultés rencontrées lorsqu’on essaye d’établir des solutions économiques au changement climatique en ajoutant : Il s’agit d’un problème d’action collective internationale. . . La simple théorie des externalités” – en parlant des effets qui découlent de la production ou de la consommation pour lesquels on ne paye rien – “est utile, mais elle ne constitue pas une réponse de fond au problème.
La première étape, dit-il, était de convaincre tous les gouvernements impliqués de la nécessité de prendre des mesures urgentes en matière de réchauffement climatique. L’historique du protocole de Kyoto, qui a été rejeté par les gouvernements américain et australien, repoussé maintes fois et qui a fait l’objet de bien des désaccords, illustre la difficulté d’atteindre un consensus international.
Les pays tels que les Etats-Unis ont décidé que se plier aux règles du protocole coûterait trop cher. Jonathan Kohler, du Département d’Economie Appliquée de l’Université de Cambridge, pense qu’il cependant pas nécessaire que tout le monde signe un accord international pour que des progrès soient faits en matière de réductions d’émissions. Les forces du marché feront une part du travail selon lui.
Si l’on pense que le changement climatique est un problème majeur et que le monde devra réagir, à un moment donné, des marchés gigantesques apparaîtront ainsi que des opportunités d’exportations massives de technologies à faible émission de dioxyde de carbone. Il cite l’exemple du Danemark qui a capturé une large part du marché des turbines éoliennes en investissant très tôt dans ce secteur.
Les politiques visant à combattre le réchauffement climatique doivent prendre en compte l’impact des évolutions technologiques sur la réduction du coût des sources d’énergie renouvelables. Selon M. Kohler, qui est également l’un des dirigeants du Tyndall Centre for Climate Change Research basé à Norwich, les modèles économiques qui prennent cette évolution en compte suggèrent que le coût du passage à un environnement utilisant une énergie à faible émission de carbone n’est pas élevé comparé au coût des investissements dans des systèmes énergétiques qui seraient nécessaires de toute façon. Ce qui n’est pas évident, ce sont la vitesse à laquelle ce changement pourrait s’opérer et la mesure dans laquelle le gouvernement devrait intervenir.
Les instruments politiques dont disposent traditionnellement les gouvernements incluent une taxe sur les émissions de carbone, des limitations de ces émissions et des avantages visant à encourager le développement de technologies utilisant des carburants propres. La plupart des économistes considèrent les solutions basées sur les mécanismes de marché comme les plus efficaces pour pousser au changement des pratiques commerciales et encourager le développement de nouvelles technologies.
M. Helm pense qu’au lieu de subventionner une technologie spécifique, telle l’énergie nucléaire, une alternative serait, pour permettre une faible génération de dioxyde de carbone, de vendre aux enchères des droits d’émissions de dioxyde de carbone à long-terme. Suivant ce programme, le gouvernement vendrait aux enchères des crédits carbone pour la réalisation de réductions d’émissions sur une longue période - de l’ordre de 20 à 30 ans. Pour les gouvernements, l’avantage est qu’ils ne seraient pas obligés de vérifier les affirmations des industriels quant aux technologies les moins chères. Ils ne seraient pas non plus obligés de vendre un choix impopulaire sur le plan politique, tel que le nucléaire, à une opinion publique sceptique. Un plan similaire a été développé par la Banque Mondiale.
Avec Corinne Lepage nous défendons un investissement massif dans les écotechnologies et les énergies renouvelables pour capter un marché en développement et porteur de croissance, d'innovation et de création d'emplois plutôt que dans l'énergie nucléaire. Et vous, quelles solutions imaginez-vous pour l'avenir ?
Eric
Pour aller plus loin :
Quel sera le prix à payer pour les ravages du réchauffement climatique, l'article de Planète Urgence
15:32 Publié dans Réchauffement climatique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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