05.11.2006
Les enjeux de la fin du pétrole
Peu de pays prévoient actuellement de réduire leur utilisation de pétrole. Alors que le pic de production est peut-être imminent, la plupart des pays comptent sur une consommation de pétrole beaucoup plus importante dans les prochaines décennies et construisent des usines d’assemblage automobile, des routes, des autoroutes, des parkings et des lotissements de banlieue comme si le pétrole bon marché allait durer indéfiniment. De nouveaux avions de ligne sont livrés dans la perspective d’une expansion illimitée du transport aérien de passagers et de marchandises. Pourtant, dans un monde où la production de pétrole décline, ce n’est qu’aux dépends des autres qu’un pays peut en augmenter son utilisation.
Certains secteurs de l’économie mondiale seront plus touchés que d’autres simplement parce qu’ils utilisent les hydrocarbures de manière intensive. Parmi eux figurent l’industrie automobile, l’industrie agro-alimentaire et le transport aérien. Les villes et les banlieues évolueront également sous la pression causée par la raréfaction des ressources pétrolières.
Des tensions se faisaient déjà sentir au sein de l’industrie automobile américaine avant que les prix pétroliers ne commencent à grimper au milieu de l’année 2004. Cette année, General Motors et Ford, dont les profits dépendent lourdement des ventes de SUV (sport-utility vehicles), gros consommateurs d’essence, ont vu l’agence Standard & Poor’s réviser leurs notes de crédit à la baisse, faisant passer leurs titres au statut d’obligations pourries.
Lors de la transition énergétique à venir, il y aura des gagnants et des perdants. Les pays qui ne se préparent pas pour l’avenir, qui traînent à investir dans des technologies plus rentables en termes d’utilisation du pétrole et dans des sources d’énergie nouvelles, pourraient connaître un déclin de leur niveau de vie. L’incapacité des gouvernements à gérer la transition énergétique pourrait engendrer une perte de confiance vis-à-vis des leaders politiques et mener à des états d’échec. Bien qu’il s’agisse sans doute d’une des grandes cassures de l’histoire de la civilisation, les responsables politiques nationaux semblent peu enclins à faire face à la diminution à venir de la production de pétrole et à s’y préparer. Les tendances que nous considérons comme acquises, telles que l’urbanisation et la globalisation, pourraient s’inverser presque du jour au lendemain lorsque le pétrole deviendra une denrée rare et coûteuse.
Les pays en voie de développement seront touchés deux fois plus durement quand leur population en expansion se combinera à une offre de pétrole en diminution pour réduire petit à petit le taux d’utilisation de pétrole par personne. Un tel déclin pourrait rapidement se traduire par une baisse des niveaux de vie. Si les États-Unis, le plus gros consommateur et importateur de pétrole du monde, peuvent réduire leur utilisation de pétrole de manière significative, ils pourront donner au monde du temps pour permettre une transition plus douce vers l’ère post-pétrolière.
17:35 Publié dans Mondialisation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Environnement et création d'emplois : une priorité pour l'Allemagne
Croissance, emploi et protection de l'environnement ne sont pas antinomiques, bien au contraire. En Allemagne, le secteur de l'environnement représente 1,5 million d'emplois, dont 170.000 pour les seules énergies renouvelables. 19% des technologies environnementales utilisées dans le monde sont nées outre-Rhin. Pour le ministre de l'Environnement Sigmar Gabriel, qui présentait récemment le projet de budget de son ministère aux députés, "l'avenir de la croissance et de la réussite économique réside dans la protection de l'environnement. Qui l'ignore met en danger la réussite économique de l'Allemagne en tant que champion du monde des exportations et des milliers d'emplois dans notre pays". Ecologie et économie sont par conséquent intimement liées au poste environnement du projet de loi de finances allemand. Le gouvernement prévoit d'y affecter au total quelque 790 millions d'euros en 2007. Ces moyens financiers seront principalement destinés à sécuriser l'approvisionnement en énergie, à accroître l'efficacité énergétique et à protéger le climat. Le gouvernement allemand entend en particulier doper la recherche sur l'énergie. Cela concerne aussi bien le secteur des énergies renouvelables (88 millions d'euros dès 2007, en attendant une dotation accrue de quelque cinq millions d'euros par an d'ici à 2009) que le domaine de l'efficacité énergétique.
Au rang des priorités, le développement des énergies renouvelables reste un poste important. 287,2 millions d'euros y seront consacrés en 2007. La croissance en flèche du secteur a permis de créer 170.000 emplois durables d'ingénieurs, d'ouvriers qualifiés et de commerciaux, et les entreprises se sont d'ores et déjà engagées à créer 2.500 places d'apprentissage supplémentaires dans les prochaines années. Le ministère de l'Environnement entend également soutenir l'utilisation de l'énergie solaire pour le chauffage et la production d'eau chaude. Il a débloqué 180 millions d'euros supplémentaires pour financer un programme d'incitation à l'installation de capteurs solaires. Ce programme a fait exploser la demande. Elle a doublé en un an, et dépassait déjà fin juin 2006 de 25% la demande enregistrée sur l'ensemble de l'année 2004.
En matière d'efficacité énergétique, le gouvernement entend développer la recherche mais aussi étudier avec les entreprises et les syndicats les moyens d'employer plus efficacement matériaux et matières premières.
17:16 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Réchauffement climatique : progression des émissions de gaz à effet de serre
BONN (AP) - Les émissions de gaz à effet de serre dans les pays industrialisés sont reparties à la hausse ces dernières années malgré les engagements du protocole de Kyoto destiné à limiter ces rejets pour contrer le réchauffement climatique, ont annoncé lundi les Nations unies.
Les rejets de dioxyde de carbone (CO2) et des autres gaz qui piègent la chaleur dans l'atmosphère ont diminué dans les années 1990 après l'effondrement de l'empire soviétique et le déclin des industries polluantes qui y étaient installées, mais la reprise économique dans ces pays a ensuite contribué à la hausse de 2,4% des émissions globales observée entre 2000 et 2004.
"Cela veut dire que les pays industrialisés devront intensifier leurs efforts pour mettre en oeuvre des politiques vigoureuses visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre", a commenté Yvo de Boer, qui dirige le secrétariat des Nations unies chargé de la convention sur les changements climatiques.
Les scientifiques attribuent, au moins partiellement, aux rejets de gaz une hausse de la température terrestre de 0,6 degrés au cours du siècle dernier. Ils affirment que cette tendance conduira à des changements climatiques majeurs.
Selon un rapport britannique consacré à l'impact économique du changement climatique, le réchauffement de la planète pourrait entraîner une récession économique mondiale à l'échelle de la crise de 1929. Pour le Premier ministre britannique Tony Blair, ce coût pourrait représenter 5% à 20% du produit intérieur brut (PIB) mondial.
Le traité de Kyoto, signé en 1997 par 31 pays industrialisés, prévoyait que les rejets de gaz à effet de serre en 2012 seraient inférieurs de 5% à ceux de 1990. Entre 1990 et 2004, les émissions des pays signataires ont globalement reculé de 3,3%, en grande partie grâce à une chute de 36,8% dans les pays de l'ancien bloc soviétique, selon l'ONU. Mais depuis 2000, les émissions ont repris dans ces pays "en transition", où elles ont progressé de 4,1%.
Sur les 41 pays concernés par le protocole, 34 ont augmenté leur rejet entre 2000 et 2004. Parmi eux, les Etats-Unis de George Bush, pourtant responsables d'environ 40% des gaz émis par les pays industrialisés, refusent toujours de ratifier et d'appliquer ce texte, signé sous le président Clinton. Le pays a émis 1,6% de gaz en plus sur la dernière période, et même 16% depuis 1990. Le Japon, l'Espagne et l'Italie ont eux aussi vu leurs émissions augmenter.
Selon le rapport, l'Allemagne a réduit ses émissions de 17% depuis 1990, la Grande-Bretagne de 14% et la France de presque 1%. Yvo de Boers a également souligné que la production industrielle était devenue plus économe en énergie dans les pays développés: la production d'un dollar de produit intérieur brut nécessitait 7% de gaz à effet de serre de moins en 2004 qu'en 2000, a-t-il calculé.
Le protocole de Kyoto ne concerne pas les pays en voie de développement, y compris la Chine et l'Inde, où l'industrialisation est très rapide, au détriment souvent de l'environnement. AP
16:45 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Eau : le triste bilan de l'Unicef
Le Fonds des nations unies pour l’enfance (Unicef), dans son rapport «Progrès pour les enfants», dresse un triste bilan concernant l’accès à l’eau et l’hygiène dans les pays en voie de développement. Environ 2,6 milliards de personnes dans le monde, en majorité en Afrique et en Asie, n’ont pas accès à l’assainissement et à l’hygiène de base. Elles sont ainsi plus vulnérables à certaines maladies et la mortalité infantile est plus importante que les personnes ayant accès à l’assainissement.
La directrice générale de l’Unicef, Anne Veneman, a indiqué que 425 millions d’enfants de moins de 18 ans n’ont pas accès à une source d’eau potable de qualité et plus de 980 millions ne bénéficient pas de conditions d’hygiène et d’installations sanitaires adaptées. Chaque jour, 5.000 enfants de moins de 5 ans décèdent des suites de maladies diarrhéiques.
L’un des objectifs du Millénaire fixé par l’Unicef est de diminuer de moitié le pourcentage de la population qui n’a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable. Mais pour cela, il faudrait en ouvrir l’accès à 138 millions de personnes supplémentaires chaque année jusqu'en 2015. Ce qui est encore loin d’être le cas.
16:34 Publié dans Mondialisation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.06.2006
Mentir c'est mal
Je ne résiste pas à relayer cette déclaration de Jacques Chirac prononcé au Sommet Européen du 16 juin et reprise sur le blog "Coulisses de Bruxelles" de Jean Quatremer (journaliste à Libé)
Vendredi après-midi, au cours de la conférence de presse clôturant le sommet européen, le Président de la République s’est lancé dans une longue tirade sur le mensonge en politique qui a laissé tous les journalistes, français comme étrangers, comme deux ronds de flan.
« Ce qui est choquant », a-t-il expliqué, « ce n'est pas le fait que les
Français ou les Néerlandais aient refusé (le traité constitutionnel), ce qui est choquant, c'est la campagne de certains qui ont fait campagne pour le "non" en expliquant qu'il y avait un plan B. Alors qu'en tous les cas, pour ceux qui avaient exercé des fonctions importantes, souvent au sein des gouvernements, ils savaient très bien qu'ils mentaient. Et c'est très mal de mentir aux Français, surtout dans une campagne électorale.
Ils mentaient parce qu'il n'y avait pas de plan B, naturellement ».Au moins chacun saura apprécier l'humour de notre Président.
12:34 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.05.2006
NANOTECHNOLOGIES : LE RISQUE ATOMIQUE ?
Avec ce titre volontairement provocateur, CAP 21 ouvre le débat des nanotechnologies dont on nous promet qu'elles vont révolutionner nos sociétés. Faut-il en avoir peur ? Peut-on encore en anticiper les risques pour la santé et l'environnement avant une diffusion massive des nano-matériaux dans notre vie quotidienne ? Nous donnons-nous les moyens de mettre en place les moyens d'évaluation et de contrôle nécessaire ou reproduira-t-on le schéma classique "signaux précoces, leçons tardives" de l'amiante ?
Même s'il n'est pas question de tirer des conclusions hâtives, le sujet mérite d'être débattu alors que les premières alertes se font jour. C'est ainsi que l'Express annonçait le 18 mai dernier qu'un nettoyant ménager à base de nanoparticules avait été précipitamment retiré du marché en Allemagne.
C'est le premier nano-scandale. La première alerte sanitaire au monde impliquant l'univers complexe des nanotechnologies: lancé en Allemagne à grand renfort de publicité, le nettoyant ménager pour salle de bains Magic Nano devait révolutionner la vie des ménagères en projetant sur le carrelage un film invisible capable de repousser la saleté et les bactéries. Las! Ce produit miracle a été retiré précipitamment des magasins, après avoir déclenché des phénomènes de détresse respiratoire chez 97 consommateurs. Et ce en l'espace de trois jours à peine. Plusieurs d'entre eux ont même été hospitalisés pour un œdème pulmonaire (accumulation de liquide dans les poumons).
Un dossier vous a été préparé sur le site de CAP 21 pour en savoir plus sur ce sujet passionnant qui ne peut et ne doit être réservé à la seule analyse des scientifiques et des industriels.
Nous attendons avec impatience vos commentaires, vos sentiments sur le sujet. Bon débat !
17:20 Publié dans Société et progrès | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
08.05.2006
Fêtons l'Europe le 9 mai
CAP 21 s’associe à la fête de l’Europe, l’occasion de rappeler notre profond attachement à la construction européenne et de tirer le bilan un an après l’échec du référendum sur le traité constitutionnel.
Les partisans du non évoquaient un plan B, celui-ci reste inexistant. L’Europe continue un an près d’avancer à petit pas, faute d’un dessein partagé ambitieux.
Certes, celle-ci ne s’est pas arrêtée de fonctionner. La Commission est parvenue à fixer un budget pour les sept prochaines années, mais quel budget : un budget à minima et de compromis qui ne permet pas d’aller vers plus d’Europe issu d’âpres tractations entre Londres et Paris, entre montant du rabais accordé à la Grande-Bretagne et financement de la Politique Agricole Commune…
La révision du pacte de stabilité et de croissance a été consolidée mais manque réellement d’audace. On est loin de la construction d’une politique industrielle européenne qui permettrait de relier la recherche fondamentale, la recherche appliquée, l'industrie et la défense. Comme le souligne un rapport d’information présenté récemment par le sénateur Jean Bizet, la Commission ne pose pas plus de réflexion sur la protection des secteurs particulièrement exposés aux délocalisations ou la préservation des secteurs dotés d’avantages comparatifs ou à haute technologie alors que le développement des délocalisations dans les pays tiers est un indicateur supplémentaire de l'ampleur du risque de désindustrialisation de l'Europe et de celle des mutations de l'économie des services.
Et la France ne contribue pas à malheureusement pas à relancer le processus, bien au contraire. Comment ne pas être choqué par l’attitude du Premier Ministre appelant au patriotisme économique franco-français en contribuant au rapprochement Suez-GDF pour contrer le projet de l’italien Enel! La solution est-elle dans une stratégie de repli défensive à l’heure de la mondialisation ? Quelle image renvoyons nous vers nos partenaires européens ?
Il est temps de mettre la France à l’heure de l’Europe et rappeler combien l’Union représente un ensemble régional de référence dans le Monde où le respect des Droits de l’Homme, la protection sociale, le niveau de vie et d’éducation ont une réelle signification. Il est temps de donner les impulsions nécessaires en réponse aux attentes des populations européennes : recherche scientifique, sécurité sanitaire, politique étrangère et de défense, politique de relance industrielle, lutte contre le terrorisme, réglementation de l’immigration, autant de domaines où l’Europe offre l’opportunité de peser d’un poids plus lourd sur la scène internationale et de se construire en puissance politique.
La construction européenne ne peut avoir de sens aux yeux de nos concitoyens que s’ils ont le sentiment de son utilité dans leur vie et qu’on leur en montre la réalité dans leur quotidien. Connaissent-ils tous les équipements financés dans leur région par les fonds structurels européens ? Savent-ils que les progrès faits depuis vingt ans en matière d’environnement le sont grâce à l’action de l’Europe (protection des ressources en eau, traitement des eaux usées, tri des déchets) et sa transposition dans le droit national ? Le déficit d’information est bien réel et la démagogie reste de mise pour faire de l’Europe le bouc-émissaire de nos maux alors que nos gouvernants s’étaient jurés qu’on ne les y reprendrait plus après l’échec cuisant du référendum.
Le chemin à parcourir est encore long et nos hommes politiques portent une responsabilité importante pour partager une ambition et un dessein pour la France dans cet ensemble européen.
Exigeons d’eux qu’ils tiennent un langage de vérité sur l’Europe lors de la prochaine campagne des Présidentielles comme CAP 21 et notre candidate, Corinne Lepage, l‘ont toujours fait et continueront de le faire…
Eric
22:28 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.04.2006
L'accès à l'eau potable : un bien public mondial ?
1,1 milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et 2,6 milliards de personnes manquent d’installations sanitaires de base. 8 millions de personnes meurent chaque année de maladies liées à la présence d’eaux stagnantes ou polluées, comme le choléra, la diarrhée ou la typhoïde. La moitié sont des enfants de moins de cinq ans. Ce n'est pas comme cela que je conçois un monde solidaire et j'aimerais que notre imagination collective soit mise au service de la coopération entre les hommes. Et vous, qu'en pensez-vous ?
Lire le dossier de VERTITUDE
20:22 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.04.2006
La sortie de la crise iranienne passera par la solidarité
Ci-joint texte d'Olivier Lambeaux, délégué CAP 21 Habitat qui soumet au débat sa réflexion sur nos modes de développement et les risques qu'ils posent.
"Devant l'accroissement progressif mais irrésistible du prix du pétrole ainsi que la demande croissante d'énergie, nous commençons à percevoir la crise énergétique proche.Les seules solutions viables sont une recherche accrue sur les énergies renouvelables, le développement d'une économie sobre et efficace et une relocalisation des activités. Il y a urgence !
Par ailleurs le monde a besoin de plus de solidarité et d'attitudes pacifiques. Hélas tout semble aller à l'opposé de ces nécessités !
Les Etats -Unis commencent à menacer militairement l'Iran au motif de la reprise de leurs activités nucléaires. Sachant que les armes conventionnelles sembleraient inefficaces contre un pays comme l'Iran, le spectre nucléaire est rendu acceptable par manipulations médiatiques successives.
Jacques Chirac lançait le 19 janvier dernier un appel au lobby nucléo-militaro-industriel en modifiant la stratégie de dissuasion pour défendre nos prétendus «intérêt vitaux » contre les cibles dites terroristes.
Sur le fond c'est encore la soif du pétrole qui pilote ces stratégies. Associée à la peur des américains de voir une bourse du pétrole iranien en Euros…les privant du mécanisme des pétro dollars finançant leur déficit.
Bien sûr il faut être contre la prolifération du nucléaire tant militaire que civile en Iran mais comment rester crédible quand la France avec une dette catastrophique construit, sans respecter les débats démocratiques, des machines ultra coûteuses, inutiles et dangereuses comme ITER, le laser Méga Joule et l'EPR ? Quand la France envoie le porte avion Charles de Gaulle croiser en Mer d'Arabie équipé de ses missiles nucléaires air-sol ? Que peuvent penser les Iraniens qui se lancent dans des grandes manœuvres militaires sous le nom de Grand Prophète?
Il faut demander que l'on cesse immédiatement les investissements dans des systèmes de défense inutilisables par un pays démocratique, que la décision d'user des armes existantes ne soit plus laissée dans les mains d'un seul homme et que les économies dégagées soient consacrées aux réels défis du XXIe siècle : la sauvegarde écologique de la planète et de ses habitants.
Il est inadmissible que dans un pays au bord du gouffre économique et écologique, l'un des meilleurs potentiels intellectuels mondiaux soit utilisé à travailler sur des projets sans avenir pour nos enfants. Nos scientifiques et ingénieurs devraient travailler sur les énergies renouvelables, l'agriculture biologique,… sur des projets porteurs d'espérance et de solidarité! Tous les autres pays démocratiques ont choisi cette voie.
Jacques Chirac a su attirer la sympa mondiale avec son attitude courageuse sur l'Irak et son fameux discours écologique au Sommet mondial de Johannesburg sur la «maison brûle…». Il est temps de réitérer et de passer aux actes en invitant les Etats-Unis à ne pas répéter l'erreur iraquienne et en proposant un vaste de plan international pour plus de solidarité, l'accession universelle aux énergies renouvelables, le sevrage pétrolier et en montrant l'exemple par la fin programmée de l'usage du nucléaire."
Olivier LAMBEAUX
21:10 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.03.2006
Réchauffement climatique : le marché comme recours
Sir Nicholas Stern, un ancien économiste en chef de la Banque Mondiale et haut fonctionnaire du Trésor prépare actuellement un rapport sur l'économie du changement climatique à la demande du Ministre des Finances britannique, Gordon Brown. Lors d’une conférence qu'il donnait récemment à l’Oxford Institute for Economic Policy, il a souligné certaines des difficultés rencontrées lorsqu’on essaye d’établir des solutions économiques au changement climatique en ajoutant : Il s’agit d’un problème d’action collective internationale. . . La simple théorie des externalités” – en parlant des effets qui découlent de la production ou de la consommation pour lesquels on ne paye rien – “est utile, mais elle ne constitue pas une réponse de fond au problème.
La première étape, dit-il, était de convaincre tous les gouvernements impliqués de la nécessité de prendre des mesures urgentes en matière de réchauffement climatique. L’historique du protocole de Kyoto, qui a été rejeté par les gouvernements américain et australien, repoussé maintes fois et qui a fait l’objet de bien des désaccords, illustre la difficulté d’atteindre un consensus international.
Les pays tels que les Etats-Unis ont décidé que se plier aux règles du protocole coûterait trop cher. Jonathan Kohler, du Département d’Economie Appliquée de l’Université de Cambridge, pense qu’il cependant pas nécessaire que tout le monde signe un accord international pour que des progrès soient faits en matière de réductions d’émissions. Les forces du marché feront une part du travail selon lui.
Si l’on pense que le changement climatique est un problème majeur et que le monde devra réagir, à un moment donné, des marchés gigantesques apparaîtront ainsi que des opportunités d’exportations massives de technologies à faible émission de dioxyde de carbone. Il cite l’exemple du Danemark qui a capturé une large part du marché des turbines éoliennes en investissant très tôt dans ce secteur.
Les politiques visant à combattre le réchauffement climatique doivent prendre en compte l’impact des évolutions technologiques sur la réduction du coût des sources d’énergie renouvelables. Selon M. Kohler, qui est également l’un des dirigeants du Tyndall Centre for Climate Change Research basé à Norwich, les modèles économiques qui prennent cette évolution en compte suggèrent que le coût du passage à un environnement utilisant une énergie à faible émission de carbone n’est pas élevé comparé au coût des investissements dans des systèmes énergétiques qui seraient nécessaires de toute façon. Ce qui n’est pas évident, ce sont la vitesse à laquelle ce changement pourrait s’opérer et la mesure dans laquelle le gouvernement devrait intervenir.
Les instruments politiques dont disposent traditionnellement les gouvernements incluent une taxe sur les émissions de carbone, des limitations de ces émissions et des avantages visant à encourager le développement de technologies utilisant des carburants propres. La plupart des économistes considèrent les solutions basées sur les mécanismes de marché comme les plus efficaces pour pousser au changement des pratiques commerciales et encourager le développement de nouvelles technologies.
M. Helm pense qu’au lieu de subventionner une technologie spécifique, telle l’énergie nucléaire, une alternative serait, pour permettre une faible génération de dioxyde de carbone, de vendre aux enchères des droits d’émissions de dioxyde de carbone à long-terme. Suivant ce programme, le gouvernement vendrait aux enchères des crédits carbone pour la réalisation de réductions d’émissions sur une longue période - de l’ordre de 20 à 30 ans. Pour les gouvernements, l’avantage est qu’ils ne seraient pas obligés de vérifier les affirmations des industriels quant aux technologies les moins chères. Ils ne seraient pas non plus obligés de vendre un choix impopulaire sur le plan politique, tel que le nucléaire, à une opinion publique sceptique. Un plan similaire a été développé par la Banque Mondiale.
Avec Corinne Lepage nous défendons un investissement massif dans les écotechnologies et les énergies renouvelables pour capter un marché en développement et porteur de croissance, d'innovation et de création d'emplois plutôt que dans l'énergie nucléaire. Et vous, quelles solutions imaginez-vous pour l'avenir ?
Eric
Pour aller plus loin :
Quel sera le prix à payer pour les ravages du réchauffement climatique, l'article de Planète Urgence
15:32 Publié dans Réchauffement climatique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



